26 avril 2008

Je m'appelle Yobe, j'ai cent-quinze ans et je suis immortel.
Tout les matins, je me lève à huit heures et demi. Parfois, lorsque l'envie
me manque ou que la journée précédente a été exténuante je
reste couché jusqu'à neuf heures. Jamais plus. Je déteste rien faire.
Après avoir déjeuné, rapidement, de pain et de lait, je me lave,
méthodiquement, tout le corps au savon noir.
Puis, je part relever mes collets, voir si la fortune m'as souri.
Parfois je trouve un lapin, parfois deux. Rarement plus et souvent
rien. Je met entre deux heures et demi et trois heures pour rescencer mes pièges.
Vers midi, lorsque le soleil est haut dans le ciel, je regagne ma chaumière.
Et j'attends. Pendant deux heures. Je mange. Je sculpte du bois.
Je joue au solitaire. J'attends quelqu'un. Mais personne ne vient.
Jamais. Parfois, je vois de la poussière se soulever au bout du chemin.
Mais ce n'est que le vent. Faux espoir, toujours.
Je me rappelle le doux bruit d'un moteur de voiture.
Je me rappelle des camions qui passaient bruyament dans la rue, près de ma maison.
Et du bruit, plus impressionnant, d'un avion au décollage.
J'ai prit l'avion une fois, il y a longtemps.
Ensuite, à quatorze heures je me lève de mon fauteuil près de l'âtre toujours
froid de la cheminée. Je ne l'allume jamais. Jamais.
Je me lève et je me rend à mon petit potager qui s'étend sur la moitié de
mon jardin. Je n'ai jamais abattu les barrière de voisinage.
Pourtant il n'y as plus de voisin.
Peut être qu'ils reviendront.
Peut être.
Je bêche jusqu'à dix-sept heures. Parfois j'enlève juste les mauvaises herbes.
Parfois je replante. Parfois juste je passe entre les rangs de salades, en souriant.
Après je vais lire le journal du jour. Enfin du dernier jour où on m'as livré
le journal. C'est toujours le même depuis longtemps.
Mais moi je m'amuse. Je tente de décrypter tout les sens qu'on voulu dire les
journalistes. Les attentats, enterrements, mariages et fait divers de cette journée
je les connait par cœur. Et j'ai une bonne raison.
C'est la même journée où a cessé de battre mon coeur.

Posté par Maeglyr à 10:29 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Je m'appelle Yobe, j'ai cent-quinze ans et je

    Alors comment peut-il le connaitre par coeur?
    En tout cas, envoie à Mr Yobe toutes mes condoléances. Etre immortel, ce doit être odieux.

    Posté par nightmaredream, 26 avril 2008 à 22:52 | | Répondre
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